Brûlure des pousses à Sirococcus conigenus

Brûlure des pousses à <em>Sirococcus conigenus</em> -
  • Nom latin : Sirococcus conigenus (Dc.) Cannon & Minter
  • Nom anglais : Sirococcus Shoot Blight
  • Division : Ascomycota
  • Classe : Diaporthales
  • Synonyme(s) : Sirococcus conigenus (Preuss)
Description

Micro-habitat(s)

Semences, Rameau, Pousse annuelle, écailles des cônes, écailles des bourgeons, Aiguille

Distribution

Partout au Canada

Maladie commune dans toute l’aire de distribution du pin rouge. L’espèce est fréquemment retrouvée dans les forêts tempérées et boréales de l’Amérique du Nord et de l’Europe.

Dommages, symptômes et biologie

La maladie ne tue que les pousses de l'année, d’où son nom de brûlure des pousses.

Le climat joue un rôle déterminant dans le développement des épidémies. Tout au long de la saison de croissance, par temps humide, des spores sont libérées par les organes de fructification et disséminées par le vent et la pluie, propageant ainsi l’infection à l’ensemble de l’hôte et aux arbres voisins. Les symptômes peuvent varier selon l’âge et aussi selon l’espèce de l’hôte.

Le champignon hiverne sur les aiguilles mortes, les pousses et les écailles des cônes. Les spores sont disséminées au printemps de l’année suivante et l’optimum de la dispersion se fait au moment de l’allongement des pousses. L'infection des jeunes aiguilles peu lignifiées se fait au printemps dès leur émergence et au tout début de l'été, lorsque les températures oscillent entre 16 et 20°C. Une petite goutte de résine peut souvent être observée à la base de ces aiguilles. Les pousses infectées meurent en l’espace de 4 à 6 semaines et les aiguilles s’affaissent à la base et se courbent brusquement vers le bas, conférant à l’ensemble un aspect prostré, crochu. Les aiguilles mortes peuvent rester sur l'arbre pendant 2 à 3 ans, virant progressivement durant cette période du rougeâtre au brun paille délavé. Les branches ainsi affectées meurent parce que les bourgeons terminaux ne peuvent plus supporter de nouvelle croissance. Le champignon peut progresser le long des tiges jusqu’à la tige principale en formant de petits chancres violacés, allongés et enfoncés. Peu après la mort des pousses au printemps, de petits organes de fructification, des pycnides, apparaissent à plusieurs endroits : à la base des aiguilles infectées et/ou sous la gaine du faisceau, sur les rameaux, sur les écailles des bourgeons et sur les écailles des cônes. Les pycnides, initialement brunes et devenant noires par la suite, s'observent plus fréquemment sur les rameaux de l’épinette alors que sur le pin elles sont plus abondantes sur les aiguilles.

Les semences infectées deviennent des vecteurs de la maladie. En pépinières, elle cause des dommages importants lors de la production de semis; ceux cultivés en contenants meurent rapidement.

L'infection touche plus fréquemment les branches inférieures des arbres, mais elle peut se propager rapidement à toute la cime ou à l’échelle de toute une plantation lorsque les cimes des arbres se touchent. Les jeunes arbres de l’étage inférieur, en sous-bois, ou ceux de jeunes plantations sont particulièrement vulnérables et peuvent être sévèrement défigurés suite à des attaques répétées et en mourir. En général, le champignon ne colonise que les branches inférieures des arbres plus vieux et plus gros; mais après plusieurs années successives d'attaques graves ceux-ci peuvent en mourir.

Autres informations

L’élimination des arbres infectés à l’intérieur et autour des pépinières, des jeunes plantations et des brise-vent (qui peuvent eux aussi être une source d’inoculum), est fortement recommandée bien que ce traitement ne soit pas garant de l’interruption du cycle puisque le champignon persiste sur les rameaux et les écailles de cônes. Il faut mener à bien cette opération durant la saison de dormance afin de limiter la propagation des spores. De plus, les mesures visant à assécher les branches rapidement minimisent le développement de la maladie.

En milieu forestier, la maladie cause des dommages importants seulement dans les peuplements inéquiennes. Dans ces peuplements, l’élimination de l’étage inférieur infecté réduit l’incidence de la maladie, les jeunes arbres étant particulièrement vulnérables.

Dans le cas des arbres d’ornement, les pousses infectées devraient être coupées et détruites au plus tard au moment du débourrement, au début du printemps.

Les traitements fongicides ne sont recommandés et envisageables que dans les pépinières forestières, à titre préventif, durant la période de susceptibilité qui varie selon la région, i. e. avant et pendant la période de pointe de la dispersion des spores (16°–20°C).

Les flèches terminales recourbées pourraient être confondues avec le charançon du pin, mais il n’y a aucune perforation sur le bois.

Récemment on a défini Sirococcus piceicola sp. nov. sur l’épinette et S. tsugae sp. nov. sur le cèdre et la pruche de l’Ouest du Canada.

Publications du Service canadien des forêts

Brûlure des pousses à Sirococcus conigenus

Informations sur les hôtes

Hôte(s) principal(aux)

Épinette blanche, épinette bleue, épinette de Norvège, Épinette noire, Épinette rouge, pin gris, pin rouge, pruche de l'Ouest

Hôte(s) secondaire(s)

Cèdre, douglas vert, Épinette d'Engelmann, Épinette de Sitka, mélèze laricin, pin albicaule, pin blanc, pin de Jeffrey, pin mugo, pin ponderosa, pin sylvestre, pin tordu, pin tordu latifolié, pruche, pruche subalpine, sapin argenté

Photos
  • Brûlure des pousses à <em>Sirococcus conigenus</em>
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