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Faux-gui de l'est

Renseignements généraux et importance

Le faux-gui de l’est (Arceuthobium pusillum) est une minuscule plante parasite qui s’attaque principalement aux branches d’épinette. Ses pousses sont les plus petites de toutes les espèces de faux-gui d’Amérique du Nord, mais malgré sa petite taille, il constitue un pathogène important qui tire l’essentiel de sa subsistance de son hôte. Le faux-gui prive ses hôtes de ressources comme le carbone assimilé, l’eau et les substances minérales nutritives que l’arbre hôte pourrait autrement utiliser pour sa croissance et sa reproduction. Au Canada, la majorité des dommages économiques causés par ce pathogène surviennent dans les peuplements forestiers importants pour l’industrie des pâtes et papiers et la production de bois d’œuvre. Les arbres fortement infectés présentent souvent des déformations et une croissance retardée, ce qui réduit considérablement la quantité et la qualité du bois d’œuvre commercial.

Aire de répartition et hôtes

L’aire de répartition du faux-gui de l’est (A. pusillum) couvre l’est du Canada et l’est des États-Unis. Cette plante parasite indigène a été recensée en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec, dans les provinces maritimes et à Terre-Neuve-et-Labrador. Aux États-Unis, elle est présente au Minnesota, au Wisconsin, au Michigan, dans l’État de New York, en Pennsylvanie, au Vermont, au New Hampshire et dans le Maine. Il existe sept autres espèces de faux-gui en Amérique du Nord qui parasitent divers conifères. A. pusillum est la seule espèce de faux-gui présente dans l’est de l’Amérique du Nord.

L’épinette noire (Picea mariana) est l’hôte de prédilection du faux-gui de l’est, qui y est couramment observé dans la majeure partie de son aire de répartition orientale. De plus, A. pusillum infecte l’épinette blanche (P. glauca), l’épinette rouge (P. rubens), le mélèze laricin (Larix laricina) et le pin blanc (Pinus strobus). Le pin gris (P. banksiana), le pin rouge (P. resinosa), le sapin baumier (Abies balsamea) et l’épinette du Colorado (Picea pungens) sont des hôtes plus rares, généralement infectés uniquement lorsqu’ils se trouvent à proximité d’autres espèces d’épinettes infectées.

Parties de l'arbre affectées

Rameaux, branches et parfois tiges.

Symptômes et signes

Les infections par le faux-gui de l’est stimulent une ramification excessive des arbres hôtes, entraînant la formation d’excroissances anormales et touffues appelées « balais de sorcière ». La rouille-balai de sorcière de l’épinette causée par le champignon Chrysomyxa arctostaphyli provoque également des pousses similaires sur l’épinette, ce qui peut prêter à confusion avec les infections par le faux-gui. Les caractéristiques distinctives de la rouille-balai de sorcière de l’épinette comprennent la perte totale des aiguilles en hiver et la couleur jaune orangé des pousses au printemps et en été.

Il existe deux types d’infections :

Des infections localisées par Arceuthobium pusillum produisent généralement des tiges de couleur verte à brune, parfois violacée. Les tiges sont circulaires à l’état frais et quadrangulaires à l’état sec. D’une taille comparable à celle des aiguilles d’épinettes, les plants de faux-gui passent facilement inaperçus en raison de leur aspect discret. Les pousses mesurent en moyenne 1 cm de hauteur et ne présentent souvent aucune ramification secondaire. Les feuilles opposées de la plante parasite sont soudées autour de la tige à leur point de jonction, ont une largeur de 1 mm, ressemblent à des écailles à extrémité émoussée et peuvent être confondues avec des bourgeons d’épinette par une personne ne connaissant ni l’hôte ni le parasite.

Le faux-gui de l’est est une plante dioïque, c’est-à-dire qu’il possède des plants mâles et femelles situés sur des branches distinctes d’un même arbre ou sur des arbres différents. Les fleurs mâles, productrices de pollen et éphémères, mesurent 1,8 mm de diamètre et sont jaune orangé. Elles possèdent trois sépales, chacun portant une minuscule anthère jaune (sac pollinique) sur sa face supérieure. Les fleurs femelles présentent trois ou quatre segments floraux de 0,8 mm sur 0,7 mm. Les fleurs mâles et femelles exsudent du nectar et sont principalement pollinisées par les insectes, bien que le vent, les oiseaux et les animaux interviennent probablement aussi dans ce processus.

Une fois pollinisée, chaque fleur femelle produit un fruit vert en forme de tonneau, mesurant 2 mm sur 0,9 mm. À maturité, les graines sont expulsées du fruit avec force. Ces graines dures peuvent parcourir jusqu’à 15 mètres. Fait remarquable, à une échelle comparable, cette trajectoire dépasserait la portée des canons des cuirassés de la Seconde Guerre mondiale! Les graines sont recouvertes d’une couche visqueuse qui, lorsqu’elle est humide, leur permet de glisser le long des aiguilles et qui, lorsqu’elle est sèche, leur permet d’adhérer à toute surface sur laquelle elles se déposent.

Cycle de la maladie

La dispersion des graines du faux-gui de l’est commence à la fin août ou en septembre, lorsque les fruits mûrs projettent leurs graines dans les airs selon une trajectoire balistique. Ces graines collantes sont également transportées par les oiseaux et les mammifères, ce qui contribue à leur dispersion. Les graines, recouvertes d’une substance visqueuse, adhèrent aux aiguilles. Lorsqu’elles sont humidifiées par la pluie ou la rosée, elles glissent sous l’effet de la gravité et germent sur les branches vivantes de la plante hôte. Les graines qui se déposent sur les aiguilles de la face inférieure des branches glissent généralement et tombent ailleurs sur la plante hôte ou au sol. La germination a lieu au printemps suivant la dispersion. Les graines en germination pénètrent l’écorce grâce à une structure comparable à une racine appelée « crampon », qui leur permet de se fixer aux tissus internes de la plante hôte. Au cours des années suivantes, le faux-gui forme de vastes connexions cellulaires au sein de la plante hôte, l’appauvrissant en eau, en nutriments et en glucides par son système endophyte.

À la fin de l’été ou en automne, deux à cinq ans après la pénétration initiale et l’infection réussie, des pousses aériennes émergent des branches à proximité du site d’infection. Ces pousses apparaissent d’abord sous forme de petites excroissances dans l’écorce des branches hôtes et arrivent à maturité la saison suivante. Bien que les pousses de faux-gui contiennent de la chlorophylle, leur rôle photosynthétique est minime. Leur fonction principale est la reproduction. Leur rôle secondaire est la régulation de l’eau et la synthèse des composés de croissance.

De minuscules fleurs se développent au printemps après la maturité des pousses et s’ouvrent généralement d’avril à mai. Après la pollinisation, les fruits mettent environ cinq mois à mûrir, habituellement à la fin août ou au mois de septembre. Les pousses du faux-gui de l’est meurent après la floraison, ne laissant qu’une base en forme de coupe dans l’écorce. La plante produit rarement une seconde floraison à partir des mêmes pousses. Le parasite survit généralement tant que l’arbre hôte demeure vivant.

Dommages

Cette plante parasite infecte les arbres de tous âges, provoquant un ralentissement de leur croissance, des déformations et parfois leur mort. Les arbres infectés par le faux-gui de l’est présentent des aiguilles plus petites, d’un vert jaunâtre, contrairement aux arbres en bonne santé. Les jeunes arbres succombent plus rapidement à l’infection que les arbres plus âgés. Les arbres infectés produisent également des graines dont la viabilité et la qualité sont réduites. Un avantage indirect de cette infection est que les balais de sorcière offrent un abri et des sites de nidification à de nombreux oiseaux et mammifères.

Les infections localisées peuvent entraîner un gonflement persistant qui se transforme en gros chancres, tuant progressivement l’écorce. Ces chancres peuvent devenir des foyers d’infection pour d’autres agents pathogènes, comme les champignons lignivores. Les balais de sorcière puisent les ressources de l’arbre hôte dans d’autres parties de celui-ci et peuvent, à terme, provoquer sa mort. De plus, les gros balais sont lourds et se cassent fréquemment sous le poids de la neige, sous l’effet du vent ou après la mort des branches, rendant les arbres infectés vulnérables à d’autres maladies et aux attaques secondaires de ravageurs.

L’impact de l’infection par le faux-gui de l’est varie selon l’espèce hôte. Chez l’épinette blanche et l’épinette noire, les dommages et la mortalité induits par l’infection sont importants, tandis que l’épinette rouge y est plus résistante. Le parasitisme entraîne notamment une réduction de la taille des aiguilles au-delà des points d’infection. Cette réduction est plus marquée chez l’épinette blanche que chez l’épinette rouge. Une infection par le faux-gui de l’est chez l’épinette blanche peut réduire sa croissance radiale annuelle de 79 % à 94 %.

Le faux-gui de l’est peut fournir un combustible supplémentaire pour les feux de forêt. De grands balais se forment souvent dans la partie inférieure de la cime et sont remplis de petites brindilles et d’aiguilles mortes qui constituent des combustibles étagés et favorisent la propagation du feu vers le haut de l’arbre. Les feux de cime sont beaucoup plus dévastateurs que les feux de surface. Les balais de sorcière brisés lors des tempêtes hivernales s’accumulent autour du pied des arbres infectés et augmentent la quantité de combustible disponible.

Prévention et répression

Les stratégies de répression d’un ravageur particulier varient suivant plusieurs facteurs, notamment :

L’acquisition d’information sur chacun de ses facteurs est nécessaire aux prises de décisions relatives à l’application de l’une ou l’autre des stratégies de lutte contre un ravageur. Ces facteurs devront être soigneusement mis en balance par rapport aux coûts et avantages avant qu’on entreprenne toute action contre un ravageur particulier.

La plupart des infections de faux-gui de l’est sur un ou quelques épinettes isolées peuvent être éliminées mécaniquement en élaguant les branches infectées ou en abattant les arbres fortement infectés. Cette méthode est particulièrement adaptée aux petites parcelles de terrain privées et aux petits boisés où une surveillance régulière est possible et où les nouvelles infections peuvent être rapidement éliminées afin de limiter les risques de réinfection.

Dans les forêts d’épinettes, le faux-gui de l’est ne peut s’implanter que s’il y a suffisamment de graines. Par conséquent, l’élimination des épinettes infectées restantes dans les zones exploitées permettra de garantir que la régénération ultérieure des épinettes demeure exempte d’infection.

Planter une bande tampon de 20 mètres d’arbres résistants, comme le bouleau blanc ou les pins, en bordure des zones exploitées adjacentes aux peuplements d’épinettes non exploités abritant le faux-gui de l’est minimisera le risque de réinfection dans les forêts d’épinettes en régénération. Il est important de surveiller ces bandes tampons tous les trois à cinq ans afin de repérer les arbres hôtes issus de la régénération naturelle qui auraient été infectés. Les sujets infectés doivent être coupés. Cette mesure est essentielle pour empêcher le parasite de se propager à nouveau dans les zones en régénération. Des approches similaires s’appliquent aux zones incendiées. Lorsque les incendies épargnent ou ne brûlent que partiellement des foyers d’infection établis de longue date, toutes les épinettes résiduelles, grandes ou petites, doivent être éliminées afin de garantir que la régénération ultérieure des épinettes demeure exempte de ce parasite.

Il n’existe aucun pesticide chimique qui se soit révélé efficace contre le faux-gui de l’est sans affecter négativement l’arbre hôte.

Photos

Tiges du faux-gui avec des graines immatures sur un rameau d’épinette
Tiges du faux-gui
Balai de sorcière
Faux-gui
Une « balai de sorcière » sur un épinette blanche (Picea glauca), causée par une infection par le faux-gui de l'est (Arceuthobium pusillum). Felix Cove, T.-N.-L.
Une « balai de sorcière » s’est formée sur un épinette blanche (<em>Picea glauca</em>) à la suite d’une infection par le faux-gui de l'est (<em>Arceuthobium pusillum</em>). On peut observer une ramification excessive près de la cime de l’arbre hôte. Felix Cove, T.-N.-L.
Gros plan sur un balai de sorcière sur un épinette blanche (<em>Picea glauca</em>). Ce phénomène est causé par une infection par le faux-gui de l'est (<em>Arceuthobium pusillum</em>), qui provoque une ramification excessive chez l’hôte. Felix Cove, T.-N.-L.
La face inférieure d’un balai de sorcière. Ce phénomène est causé par une infection du faux-gui de l'est (<em>Arceuthobium pusillum</em>) sur l’épinette blanche (<em>Picea glauca</em>). Felix Cove, T.-N.-L.
Infection par le Faux-gui de l'est (<em>Arceuthobium pusillum</em>) sur une épinette noire (<em>Picea mariana</em>).
Épicéa (<em>Picea</em>) mort, sur lequel on distingue un balai de sorcière parmi les branches.
Du faux-gui de l'est (<em>Arceuthobium pusillum</em>) poussant sur une brindille de sapin baumier (<em>Abies balsamea</em>).

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Citer cette fiche

Skinner, A.C. 2026. Faux-gui de l'est. Dans J.P. Brandt, J.-L. St-Germain, A.C. Skinner, B.C. Callan et V.G. Nealis, éditeurs. Arbres, insectes, acariens et maladies des forêts du Canada. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Administration centrale. Ottawa, Ontario.

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