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Agrile du bouleau

Renseignements généraux et importance

L’agrile du bouleau est un insecte appartenant à la famille des buprestidés. Originaire d’Amérique du Nord, il se nourrit de toutes les espèces de bouleaux (Betula) au Canada, qu’elles soient indigènes ou introduites. Les larves se nourrissent dans des galeries qu’elles creusent sous l’écorce, ce qui entrave la circulation des nutriments et de l’eau dans l’arbre.

L’agrile du bouleau s’attaque généralement aux arbres âgés et stressés. On le trouve donc en faible densité dans les forêts naturelles où il y a peu de ce type d’arbres. Toutefois, les récentes périodes de déclin généralisé du bouleau, qui pourraient découler d’événements stressants tels que la sécheresse, la sénescence liée à l’âge et les épisodes de gel-dégel au printemps, sont également associées à des infestations plus fréquentes de l’agrile du bouleau. Les changements climatiques pourraient exacerber ces conditions et accroître la gravité des infestations, en particulier dans le sud de l’aire de répartition du bouleau.

Aire de répartition et hôtes

En plus du bouleau blanc (Betula papyrifera), où on le trouve couramment, l’insecte peut s’attaquer aux bouleaux indigènes de l’Amérique du Nord tempérée et boréale, particulièrement s’ils sont affaiblis par la vieillesse, la sécheresse ou d’autres stress environnementaux. Les espèces de bouleau introduites, comme le bouleau verruqueux (B. pendula), semblent quant à elles très vulnérables à l’agrile du bouleau. Plantées comme arbres ornementaux dans de nombreuses villes, de telles espèces ont entraîné une expansion de l’aire de répartition historique de l’agrile du bouleau vers l’ouest et le sud de l’Amérique du Nord. Ces nouveaux habitats peuvent augmenter le stress subit par les bouleaux introduits et les rendre ainsi plus vulnérables aux attaques de l’agrile du bouleau.

Parties de l'arbre affectées

L’agrile du bouleau adulte se nourrit brièvement des feuilles de son hôte, principalement dans la partie supérieure de la canopée, ce qui cause peu de dégâts visibles. Les larves creusent des galeries d’alimentation sous l’écorce, dans le phloème et le xylème des branches et du tronc principal de l’arbre, ce qui entrave la circulation de l’eau et des nutriments dans l’arbre.

Symptômes et signes

L’agrile du bouleau adulte a un corps mince, est de couleur olive à bronze cuivré et mesure de 6 à 12 millimètres de long. On peut le confondre avec plusieurs espèces de la même famille, lesquelles ont une apparence similaire. Les adultes sont rarement observés, car ils sont surtout actifs dans la partie supérieure de la canopée des arbres hôtes. Près de l’endroit où les larves pénètrent, généralement sur le côté non ombragé de l’arbre, il est possible d’observer des écoulements de sève sur le tronc. Les galeries sinueuses que creusent les larves qui se nourrissent sous l’écorce créent des marques entrecroisées, visibles sur l’écorce externe des grosses branches et du tronc principal. Les larves n’ont pas de pattes. Elles ont une forme mince, avec une partie élargie derrière la tête, caractéristique des buprestidés. Les larves ont deux structures brunes en forme de pince à l’extrémité de l’abdomen. Les loges pupales se trouvent sous l’écorce de l’arbre. Les adultes sortent par des trous en forme de D à proximité desquels on pourrait observer de la sciure de taille grossière. Une infestation provoque d’abord chez l’arbre hôte une décoloration et une chute prématurée du feuillage dans la partie supérieure de la cime, ce qui entraîne ensuite un dépérissement des branches.

Cycle de vie

Dans les zones sud de son aire de répartition, l’agrile du bouleau produit une génération par an. Dans les régions plus fraîches ou dans les arbres vigoureux, son développement complet se fait sur une période de deux ans. L’agrile adulte émerge au cours d’une période de 6 semaines, soit de mai à juillet, puis se nourrit du feuillage de l’arbre hôte avant d’atteindre la maturité reproductive. Malgré sa bonne capacité de vol, il tend à ne pas se disperser lorsque des arbres vulnérables se trouvent à proximité, ce qui provoque d’intenses infestations locales. Les œufs de l’agrile du bouleau sont pondus seuls ou en grappes, dans les crevasses de l’écorce, généralement aux intersections des petites branches et du tronc principal. Les larves nouvellement écloses percent l’écorce et pénètrent dans le phloème, où elles passeront par quatre ou cinq stades. Les loges pupales sont construites juste sous l’écorce, bien que la transformation des larves en pupes ne se produise pas sans une période de refroidissement, ce qui permet une émergence plus synchronisée des adultes au début de l’été. Après cette transformation, les adultes sortent par des trous en forme de D.

Dommages

Les dommages au feuillage par les adultes qui se nourrissent sont négligeables. En se nourrissant sous l’écorce, les larves creusent des tunnels qui entravent la circulation de l’eau et des nutriments dans l’arbre. Ces tunnels finissent par cerner les branches de l’arbre, ce qui entraîne son dépérissement. Ce dépérissement commence dans la partie supérieure de la canopée et se généralise dans l’ensemble de l’arbre. La mort des arbres peut se produire après plusieurs années de dépérissement, en fonction de la densité locale de l’insecte et de la vigueur des arbres (p. ex., s’ils ont été affaiblis par d’autres facteurs).

Prévention et répression

L’agrile du bouleau est une espèce indigène des écosystèmes forestiers d’Amérique du Nord où le bouleau est présent. Il est considéré comme un ravageur secondaire, car il cible les arbres âgés et affaiblis. Les impacts de l’insecte dans les paysages urbains peuvent être plus graves, car les conditions de croissance souvent sous-optimales peuvent générer du stress chez les bouleaux. Il convient d’éviter de planter des espèces de bouleaux introduites qui sont vulnérables. Le maintien d’un sol humide, par paillage et arrosage, assurera une croissance en santé de l’arbre. Bien que les arbres vigoureux puissent être attaqués, ils peuvent produire des cals autour des galeries d’alimentation, ce qui tue l’insecte et atténue les dommages.

L’élagage des branches mortes et l’élimination des arbres gravement infestés réduisent les populations locales de l’agrile du bouleau. Pour tuer les larves se trouvant sur les matériaux infestés, ceux-ci doivent être réduits en copeaux, brûlés ou exposés en plein soleil. Dans les forêts naturelles, la vulnérabilité peut être réduite en aménageant diverses classes d’âge et en évitant de laisser des bouleaux isolés lors de la récolte. Après la récolte, les arbres résiduels sont souvent affaiblis ou endommagés par le vent et sont donc vulnérables aux attaques par l’agrile du bouleau. Les ennemis naturels ne jouent qu’un rôle limité dans la réduction des populations d’agriles du bouleau. Bien que des insecticides aient servi à lutter contre cet insecte, une telle mesure nécessite de multiples arrosages ou des injections systématiques.

En Amérique du Nord, l’agrile du bouleau s’attaque aux espèces européennes de bouleau. Cette observation a mis en évidence le risque d’introduction accidentelle de l’insecte en Europe, ce qui a incité l’Union européenne à déclarer l’agrile du bouleau comme organisme de quarantaine. L’importation de produits en bois de bouleau, y compris les emballages en bois, nécessite préalablement qu’on enlève l’écorce et l’aubier extérieur du bouleau ou qu’on lui applique un traitement par irradiation ionisante sous la supervision d’une organisation nationale de protection des végétaux.

Les stratégies de gestion d’un ravageur particulier varient suivant plusieurs facteurs, notamment : 

L’acquisition d’information sur chacun de ces facteurs est nécessaire aux prises de décisions relatives à l’application de l’une ou l’autre des stratégies de lutte contre un ravageur. Ces facteurs devront être soigneusement mis en balance par rapport aux coûts et avantages avant qu’on entreprenne toute action contre un ravageur particulier.

Les pesticides homologués pour lutter contre l’agrile du bouleau dans des situations particulières peuvent changer d’une année à l’autre. Ainsi, pour connaître les produits actuellement homologués et pour obtenir des renseignements quant à leur usage contre ce ravageur, veuillez consulter la base de données Information sur les produits antiparasitaires de Santé Canada. Tout produit homologué devrait être appliqué en fonction de la taille de la population et seulement lorsque cela est nécessaire et seulement au stade de vie indiqué. Il est recommandé également de consulter un professionnel local en arboriculture. Les pesticides chimiques peuvent être toxiques pour les humains, les animaux, les oiseaux, les poissons et d’autres insectes utiles. Veuillez, par conséquent, appliquer les produits homologués uniquement en cas de besoin et conformément aux indications inscrites sur l’étiquette du fabricant. Dans certaines juridictions et dans certaines situations, seul un professionnel autorisé peut appliquer des pesticides. Il est recommandé de consulter les autorités locales compétentes pour connaître les réglementations locales en vigueur.

Photos

Pupe d'agrile du bouleau dans sa loge pupale.
Trou de sortie en forme de D dans l'écorce découpé par l'adulte de l'agrile du bouleau lorsqu'il sort du tronc ou de la branche.
Tunnel sinueux sur la surface du bois de bouleau causé par l'alimentation d'une larve d'agrile du bouleau.
Tunnels sinueux sur la surface du bois de bouleau causés par l'alimentation d'une larve d'agrile du bouleau.
Agrile du bouleau adulte.
Agrile du bouleau adulte.

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Citer cette fiche

Nealis, V.G. 2024. Agrile du bouleau. Dans J.P. Brandt, B.I. Daigle, J.-L. St-Germain, A.C. Skinner, B.C. Callan et V.G. Nealis, éditeurs. Arbres, insectes, acariens et maladies des forêts du Canada. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Administration centrale. Ottawa, Ontario.