Sélection de la langue

Recherche


Diprion de Swaine

Renseignements généraux et importance

Le dipion de Swaine est une espèce indigène de l'Amérique du Nord, à l'est des montagnes Rocheuses. Une série d'infestations dévastatrices s'est produite entre 1945 et 1970 à plusieurs endroits en Ontario et au Québec. Les infestations les plus intenses se sont produites dans des peuplements matures de pins gris en pleine croissance sur des sols pauvres. La dernière infestation à grande échelle a eu lieu au Québec en 1994. Depuis, les quelques infestations dévastatrices qui ont été enregistrées sont restées localisées.

Aire de répartition et hôtes

Le diprion de Swaine se retrouve à l'est des montagnes Rocheuses au Canada, de l'Alberta à la Nouvelle-Écosse et dans les États des Grands Lacs aux États-Unis. Il est plus courant dans la partie est de l'aire de répartition de son hôte principal, le pin gris (Pinus banksiana). La partie est s'étend à l'ouest du lac Supérieur en Ontario et au Minnesota à travers les Grands Lacs et s'étend au sud du 49e parallèle jusqu'à la région du Lac Saint-Jean au Québec. Les climats frais de la limite nord de son aire de répartition ne sont pas suffisants pour le développement des stades d'alimentation. Les tendances au réchauffement des forêts de pins gris du nord favorisent la survie et l'expansion de l'aire de répartition du diprion de Swaine.

Le pin gris est de loin l’hôte le plus commun du diprion de Swaine. D'autres espèces de pins peuvent être légèrement endommagées si elles sont proches d'une infestation. Cependant, la réussite du cycle biologique est moins probable chez d'autres espèces de pins.

Parties de l'arbre affectées

Les diprions de Swaine consomment de préférence le vieux feuillage du pin gris au début de la saison en raison d'un agent chimique dissuasif contenu dans le feuillage frais de l'année en cours. À mesure que le nouveau feuillage vieillit au cours de la saison de croissance, il devient plus acceptable pour les larves de diprions plus âgées.

Symptômes et signes

Les larves du diprion de Swaine ressemblent superficiellement aux larves de papillons de nuit et de papillons (chenilles). Les deux groupes ont trois paires de pattes segmentées sur leur thorax et un nombre variable de fausses pattes non segmentées, ou protubérances charnues en forme de pattes, sur la partie inférieure de leurs segments abdominaux. Les larves de diprion ont une paire de fausses pattes sur six segments abdominaux ou plus. Les chenilles n'ont que cinq paires de fausses pattes ou moins. La variation et le chevauchement importants de l'apparence des espèces de diprions apparentées rendent l'identification difficile à moins que les caractéristiques de plusieurs stades de vie ne puissent être observées.

Les diprions de Swaine adultes sont actifs de juin à la fin juillet. Les œufs sont insérés dans la base des nouvelles aiguilles des pins gris au milieu de l'été, laissant des cicatrices visibles pendant plusieurs semaines. Les larves se nourrissent en groupe, de sorte que les colonies et les dommages causés par l'alimentation sont concentrés et facilement observés à l'extrémité des branches en dessous des nouvelles pousses en développement au milieu ou à la fin de l'été. Les larves matures mesurent 18 millimètres de long. La tête est de couleur orange à brune. Le corps est jaune verdâtre pâle, avec de légères rayures gris-vert de chaque côté. Les diprions de Swaine préfèrent le feuillage plus vieux, de sorte que les arbres endommagés peuvent n'avoir que du nouveau feuillage restant à l'extrémité des pousses.

Cycle de vie

Le diprion de Swaine produit une génération par an. Les adultes émergent de juin à la fin juillet. Les œufs sont pondus individuellement dans des poches découpées par la femelle adulte sur les bords extérieurs d'une ou des deux aiguilles jumelées du pin gris. La femelle pond généralement tous ses œufs sur les aiguilles d'une seule pousse. Les larves qui éclosent de ce groupe d'œufs forment une colonie et se nourrissent en groupe. L'alimentation cesse avec l'arrivée du temps plus frais en septembre et octobre. Les larves tombent au sol et tissent un mince cocon dans la couche supérieure du sol, muent jusqu'au stade prépupal et entrent dans un état de dormance physiologique (diapause) pour l'hiver. Le développement pour atteindre les stades pupal et adulte reprend au printemps suivant. Une partie de la population peut rester en diapause pendant une autre année.

Pour que le cycle biologique du diprion de Swaine soit achevé en une seule année, il faut que l'automne soit relativement chaud. Si les températures deviennent trop basses avant la fin de la maturation, la survie des larves est grandement réduite. Par conséquent, seules des infestations mineures ont eu lieu au nord du 49e parallèle. Pour cette même raison, les peuplements ouverts plus exposés à la lumière directe du soleil favorisent la survie du diprion de Swaine.

Dommages

La saison d'alimentation tardive du diprion de Swaine réduit son impact sur les arbres, car peu de dommages sont causés pendant la période de croissance maximale des nouvelles aiguilles. Lorsque les stades larvaires des diprions les plus gros et les plus dommageables se produisent, l'élongation des pousses est presque terminée pour la saison. Le nouveau feuillage subit peu de dommages, car les larves préfèrent le vieux feuillage. Cela réduit encore davantage l'impact sur l'arbre. Néanmoins, pendant la période d'infestations généralisées avant 1970, de la mortalité d'arbres a été signalée au Québec.

Prévention et répression

La relation entre la température ambiante saisonnière et la survie du diprion de Swaine a permis de disposer d'indicateurs fiables pour évaluer le risque dans les peuplements de pins gris. Les peuplements forestiers ouverts, plus exposés à la chaleur du soleil, permettent de compléter le cycle d’alimentation plus tôt, ce qui favorise la survie hivernale. De même, les endroits au sud du 49e parallèle, ou à proximité de l'influence modératrice de grandes étendues d'eau, ont généralement des températures automnales plus chaudes et sont plus à risque de connaître des infestations.

Un virus de polyédrose nucléaire d'origine naturelle a été découvert dans des zones d'infestations en Ontario et au Québec au cours des années 1950. La virulence du virus a été augmentée lors d'essais en laboratoire en sélectionnant des souches qui produisaient l'infection et la mort les plus rapides des larves de diprions. Des essais expérimentaux de pulvérisation aérienne au début des années 1960 ont donné d'excellents résultats de lutte. Cependant, la méthode n'a pas été perfectionnée depuis 1966, car les infestations sont devenues moins fréquentes et moins répandues. Le virus demeure une source naturelle importante de mortalité dans les populations à forte densité de diprions de Swaine.

Les stratégies de répression d’un ravageur particulier varient suivant plusieurs facteurs, notamment :

L’acquisition d’information sur chacun de ces facteurs est nécessaire aux prises de décisions relatives à l’application de l’une ou l’autre des stratégies de lutte contre un ravageur. Ces facteurs devront être soigneusement mis en balance par rapport aux coûts et avantages avant qu’on entreprenne toute action contre un ravageur particulier.

Les pesticides homologués pour lutter contre le diprion de Swaine dans des situations particulières peuvent changer d'une année à l'autre. Ainsi, pour connaître les produits actuellement homologués et pour obtenir des renseignements quant à leur usage contre ce ravageur, veuillez consulter la base de données Information sur les produits antiparasitaires de Santé Canada. Tout produit homologué devrait être appliqué en fonction de la taille de la population et seulement lorsque nécessaire et au stade de vie indiqué. Il est recommandé également de consulter un professionnel local en arboriculture. Les pesticides peuvent être toxiques pour les humains, les animaux, les oiseaux, les poissons et d’autres insectes utiles. Veuillez, par conséquent, appliquer les produits homologués uniquement en cas de besoin et conformément aux indications inscrites sur l’étiquette du fabricant. Dans certaines juridictions et certaines situations, seul un professionnel autorisé peut appliquer des pesticides. Il est recommandé de consulter les autorités locales compétentes pour déterminer les réglementations locales en vigueur.

Photos

Vue latérale de l'adulte femelle (longueur, 6 à 8 mm)
Trois larves d'âge moyen en train de se nourrir sur une même aiguille de pin gris
Gros plan de cicatrices de ponte
Colonie de jeunes larves sur une pousse de pin gris
Colonie de jeunes larves sur une pousse de pin gris
Section d'un jeune pin gris sévèrement défolié
Forêt de pins gris à maturité détruite à la suite d'une attaque sévère
Peuplement de pin gris affecté par le diprion de Swaine à Clova en 1953
Peuplement de pin gris affecté par le diprion de Swaine

Références sélectionnées

Becker, G.C., Jr. et Benjamin, D.M. 1964. Biology of the Swaine jack-pine sawfly in Wisconsin. The Canadian Entomologist, 96(4), 589-599. https://doi.org/10.4039/Ent96589-4

Ikeda, T.; Matsumura, F. et Benjamin, D.M. 1977. Chemical basis for feeding adaptation of pine sawflies Neodiprion rugifrons and Neodiprion swainei. Science, 197(4302), 497-499. https://doi.org/10.1126/science.197.4302.497

McLeod, J.M. 1970. The epidemiology of the Swaine jack-pine sawfly, Neodiprion swaineii Midd. The Forestry Chronicle, 46(2), 126-133. https://doi.org/10.5558/tfc46126-2

Price, P.W. et Tripp, H.A. 1972. Activity patterns of parasitoids on the Swaine jack pine sawfly, Neopdiprion swainei (Hymenoptera: Diprionidae), and parasitoid impact on the host. The Canadian Entomologist, 104(7), 1003-1016. https://doi.org/10.4039/Ent1041003-7

Ross, H.H. 1955. The taxonomy and evolution of the sawfly genus Neodiprion. Forest Science, 1(3), 196-209.

Tripp, H.A. 1965. The development of Neodiprion swainei Middleton (Hymenoptera: Diprionidae) in the province of Quebec. The Canadian Entomologist, 97(1), 92-107. https://doi.org/10.4039/Ent9792-1

Wallace, D.R. et Cunningham, J.C. 1995. Diprionid sawflies. Pages 193-232 dans J.A. Armstrong et W.G.H. Ives, éditeurs. Insectes ravageurs forestiers au Canada. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Direction de la science et du développement durable. Ottawa, Ontario.

Citer cette fiche

Nealis, V.G. 2025. Diprion de Swaine. Dans J.P. Brandt, B.I. Daigle, J.-L. St-Germain, A.C. Skinner, B.C. Callan et V.G. Nealis, éditeurs. Arbres, insectes, acariens et maladies des forêts du Canada. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Administration centrale. Ottawa, Ontario.