Diprion du pin rouge
- Nom commun anglais : Red pine sawfly
- Autre(s) nom(s) commun(s) : Tenthrède rouge du pin
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Noms scientifiques :
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Neodiprion nanulus
Schedl
- Neodiprion nanulus contortae
- Neodiprion nanulus nanulus
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Neodiprion nanulus
Schedl
- Règne : Animalia
- Embranchement : Arthropoda
- Classe : Insecta
- Ordre : Hymenoptera
- Famille : Diprionidae
Renseignements généraux et importance
Le diprion du pin rouge est originaire d'Amérique du Nord. Deux sous-espèces sont reconnues, Neodiprion nanulus nanulus, à l'est des montagnes Rocheuses, et Neodiprion nanulus contortae, dans et à l'ouest des montagnes Rocheuses. Les deux sous-espèces se nourrissent de pins rigides (pins à 2 et 3 aiguilles) et sont similaires dans leur apparence et leur cycle de vie. Leur principale distinction est qu'ils se trouvent sur différents versants des montagnes Rocheuses et qu'ils sont associés aux différentes espèces de pins rigides qui caractérisent ces écozones forestières respectives. Par exemple, N. n. nanulus est présent à l'est des montagnes sur le pin gris (Pinus banksiana). N. n. contortae est présent dans les forêts montagnardes intérieures et côtières de la Colombie-Britannique, à l'ouest des montagnes, sur le pin tordu latifolié (P. contorta var. latifolia).
La dénomination commune des diprions, soit « mouches à scie », fait référence à l’ovipositeur en forme de scie de la femelle adulte, qu’elle utilise pour couper des fentes dans le feuillage de l’arbre hôte et y déposer ses œufs. Les diprions adultes ressemblent aux abeilles et aux guêpes aux ailes membraneuses qui leur sont apparentées. Ils s’en distinguent par une « taille » plus large entre le thorax et l'abdomen.
Aire de répartition et hôtes
Neodiprion n. nanulus est présent au Canada, à l'est des montagnes Rocheuses, du nord-est de la Colombie-Britannique jusqu'à la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard. Aux États-Unis, on le trouve du Wisconsin jusqu'au sud de l'Illinois et à l'est jusqu'aux États de l'Atlantique, jusqu'en Pennsylvanie, au sud. Dans son aire de répartition américaine, il se nourrit d'une plus grande variété de pins, dont le pin rouge (P. resinosa), le pin gris, le pin rigide (P. rigida) et, dans une moindre mesure, le pin à courtes feuilles (P. echinata) et le pin sylvestre introduit (P. sylvestris).
Neodiprion n. contortae est présent dans les montagnes Rocheuses, dans l'ouest de l'Alberta et dans le centre de la Colombie-Britannique, jusqu'au sud, à travers les forêts de haute altitude, jusqu'au Montana et à l'Idaho. Il est commun dans les forêts fraîches de la côte du Pacifique, de l'Oregon au nord jusqu'à la Colombie-Britannique. Il a récemment été signalé pour la première fois dans les forêts côtières du sud-est de l'Alaska. Dans les forêts intérieures, il se nourrit de pin tordu latifolié et de pin ponderosa (P. ponderosa). Sur le littoral, il se nourrit également de pins tordu côtiers (P. contorta var. contorta).
Parties de l'arbre affectées
Vieilles aiguilles (un an ou plus).
Symptômes et signes
Les larves du diprion du pin rouge ressemblent superficiellement aux larves de papillons de nuit et de papillons (chenilles). Les deux groupes ont trois paires de pattes segmentées sur leur thorax et un nombre variable de fausses pattes non segmentées (protubérances charnues ressemblant à des pattes) au bas de leurs segments abdominaux. Les larves du diprion n'ont pas de fausses pattes ou, plus communément, six paires ou plus sur leurs segments abdominaux. Les chenilles ont cinq paires de fausses pattes ou moins. Des variations et des chevauchements importants dans l’apparence des espèces apparentées de diprions rendent l’identification difficile à moins que les caractéristiques de plusieurs stades biologiques puissent être observées.
À l’automne, les œufs peuvent apparaître sous forme de renflements sur le bord des aiguilles. Les larves éclosent en mai et se nourrissent en colonies, se déplaçant de pousse en pousse à mesure que toutes les aiguilles les plus vieilles sont consommées. Les larves matures mesurent jusqu'à 21 millimètres de long. La tête est uniformément brune à noire. Le corps est vert à vert jaunâtre, avec une bande vert jaunâtre au milieu du dos (mi-dorsal), une large bande verte sur la face supérieure (sous-dorsale) et une série de rayures vert-gris plus pâle situées plus ventralement. Les pins fortement endommagés par les diprions peuvent avoir toutes leurs vieilles aiguilles enlevées, seules les pousses de l'année en cours survivant aux extrémités des pousses.
Cycle de vie
Les diprions femelles adultes des deux sous-espèces pondent leurs œufs dans des fentes pratiquées le long des bords des aiguilles de leurs pins hôtes à l'automne. Les œufs non fécondés deviennent des mâles. Jusqu'à 10 œufs peuvent être pondus par aiguille dans les pins à aiguilles courtes comme le pin gris ou le pin tordu latifolié. Plus de 10 œufs par aiguille peuvent être pondus chez les pins hôtes aux aiguilles plus longues, comme les pins rouges et ponderosa. L’insecte hiverne au stade de l’œuf. Les œufs éclosent au printemps et les larves de diprion se nourrissent en colonies sur des aiguilles âgées d'un an ou plus. Une fois les vieilles aiguilles de la pousse entière consommées, les colonies migrent vers une nouvelle pousse pour continuer à se nourrir. Les larves femelles de diprion passent par cinq stades (stades d'alimentation) et les larves mâles passent par quatre stades. Les larves matures tissent des cocons dans le sol sous les arbres au début de juillet et entrent en dormance physiologique (diapause) pour le reste de l'été. Une proportion variable peut passer 2 ans ou plus dans cet état de dormance. La plupart des adultes émergent de septembre à octobre pour s'accoupler et pondre. Plusieurs espèces d'ennemis naturels ont été répertoriés. Ces derniers attaquent les stades de larve et de cocon.
Dommages
Les infestations dévastatrices se produisent principalement dans les plantations et chez les arbres au stade du perchis. Les arbres matures peuvent également être attaqués, notamment dans des situations isolées ou ornementales. Les diprions consomment les vieilles aiguilles à moins que les populations ne soient très élevées, de sorte que les arbres conservent généralement la croissance de l'année en cours. La mortalité des arbres est rare même lorsque toutes les vieilles aiguilles sont consommées, à moins que les infestations ne durent plus de 2 ans. Neodiprion n. nanulus provoque rarement une défoliation importante. Cependant, Neodiprion n. contortae cause occasionnellement des dommages dans les forêts intérieures et côtières de la Colombie-Britannique. Cette dernière sous-espèce a également été signalée comme ayant récemment provoqué une défoliation importante dans le sud-est de l'Alaska. La mortalité des arbres causée par l’une ou l’autre sous-espèce de diprion est rare.
Prévention et répression
Les infestations de diprions sur les arbres ornementaux et dans les plantations sont inesthétiques et retardent la croissance pendant la période de défoliation. Cependant, les arbres affectés se rétablissent généralement. Les diprions se nourrissent en colonies bien visibles et peuvent être cueillies à la main sur des arbres plus petits et de grande valeur.
Les stratégies de répression d’un ravageur particulier varient suivant plusieurs facteurs, notamment :
- le niveau de la population du ravageur (c'est-à-dire le nombre de ravageurs présents sur l'hôte ou les hôtes affectés);
- les dommages prévus ou toute autre conséquence négative résultant de l'activité du ravageur et de la densité de sa population sur l'hôte, les biens ou l'environnement;
- la compréhension du cycle de vie du ravageur, de ses divers stades de développement, de même que des divers agents biotiques et non biotiques qui affectent les niveaux de ses populations;
- le nombre de spécimens hôtes individuels touchés (un seul arbre hôte, un petit groupe d’arbres hôtes, une plantation, une forêt);
- la valeur attribuée à l'hôte ou aux hôtes compte tenu des coûts rattachés aux approches de lutte contre le ravageur;
- la prise en considération des diverses approches de lutte de nature sylvicole, mécanique, chimique, biologique et naturelle, de même que de les avantages et désavantages de chacune.
L’acquisition d’information sur chacun de ses facteurs est nécessaire aux prises de décisions relatives à l’application de l’une ou l’autre des stratégies de lutte contre un ravageur. Ces facteurs devront être soigneusement mis en balance par rapport aux coûts et avantages avant qu'on entreprenne toute action contre un ravageur particulier.
Les pesticides homologués pour être utilisés contre le diprion du pin rouge dans des situations particulières peuvent changer d'une année à l'autre. Ainsi, pour connaître les produits actuellement homologués et pour obtenir des renseignements quant à leur usage contre ce ravageur, veuillez consultez la base de données Information sur les produits antiparasitaires de Santé Canada. Tout produit homologué devrait être appliqué en fonction de la taille de la population et seulement lorsque nécessaire et au stade de vie indiqué. Il est recommandé également de consulter un professionnel local en arboriculture. Les pesticides peuvent être toxiques pour les humains, les animaux, les oiseaux, les poissons et d’autres insectes utiles. Veuillez, par conséquent, appliquer les produits homologués uniquement en cas de besoin et conformément aux indications inscrites sur l’étiquette du fabricant. Dans certaines juridictions et dans certaines situations, seul un professionnel autorisé peut appliquer des pesticides. Il est recommandé de consulter les autorités locales compétentes pour déterminer les réglementations locales en vigueur.
Photos
Larves de diprion du pin rouge (N. n. nanulus) se nourrissant de manière grégaire d'aiguilles de pin gris.
Jean-Paul Laplante
Cocons de diprion du pin rouge : le plus grand contient une femelle; le plus petit contient un mâle.
Thérèse Arcand
Mâle adulte du diprion du pin rouge (N. n. nanulus) au repos sur des aiguilles de pin gris (vue dorsale). Les mâles sont entièrement noirs et portent des antennes plumeuses (en forme de plumes).
Thérèse Arcand
Femelle adulte du diprion du pin rouge (N. n. nanulus) au repos sur des aiguilles de pin gris (vue dorsale). Les femelles sont plus grandes que les mâles et sont de couleur plus brune.
Thérèse Arcand
Larves de diprion du pin rouge (N. n. nanulus) se nourrissant de manière grégaire d'aiguilles de pin gris.
Robert W. Duncan Centre de foresterie du Pacifique, Victoria (Colombie-Britannique) / Pacific Forestry Centre, Victoria, British Columbia
Références sélectionnées
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