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Diprion importé du pin

Renseignements généraux et importance

Le diprion importé du pin est originaire du nord de l’Eurasie. Il a été introduit en Amérique du Nord au début du 20e siècle, vraisemblablement sur du matériel de pépinière. Sa découverte remonte à 1914 dans une pépinière dans l’État du Connecticut (États-Unis) et on a signalé sa présence pour la première fois au Canada en 1931 dans le sud de l’Ontario. Les adultes femelles ont une faible capacité de vol et, par conséquent, l’insecte s’est dispersé lentement. Le transport du matériel de pépinière constitue la principale voie de propagation de l’insecte. Le diprion importé du pin s’alimente sur la plupart des espèces de pin (Pinus) dans son aire de répartition, mais ne provoque pas des dommages considérables dans un contexte forestier.

La dénomination commune des diprions, soit « mouches à scie », fait référence à l’ovipositeur en forme de scie dont l’adulte femelle se sert pour pratiquer des entailles sur le feuillage de l’arbre hôte pour y déposer ses œufs. Les diprions adultes ressemblent aux abeilles et aux guêpes aux ailes membraneuses qui leur sont apparentées. Ils s’en distinguent par une « taille » plus large entre le thorax et l’abdomen. Le diprion importé du pin est le seul représentant du genre Diprion en Amérique du Nord.

Aire de répartition et hôtes

L’insecte est originaire d’Eurasie, allant du Royaume-Uni jusqu’en Sibérie et en Chine, en passant par la Fennoscandie. Il a été introduit en Amérique du Nord et est désormais établi dans presque toute l’aire de répartition du pin blanc (Pinus strobus). L’aire de répartition du diprion s’étend à l’ouest des Grands Lacs (le Manitoba [Canada] et le Minnesota [États-Unis]), à la côte nord-est de l’Atlantique (Terre-Neuve-et-Labrador [Canada]) et au sud des États-Unis (Caroline du Nord). Dans son aire de répartition introduite, il s’alimente sur la plupart des pins, tant indigènes qu’introduits, en particulier le pin blanc, le pin gris (P. banksiana) et le pin sylvestre (P. sylvestris). On a également signalé sa présence sur plusieurs autres pins de pépinières au Canada, notamment le pin argenté (P. monticola), le pin tordu latifolié (P. contorta), le pin flexible (P. flexilis), le pin ponderosa (P. ponderosa), le pin rigide (P. rigida), le pin rouge (P. resinosa), le pin noir d’Autriche (P. nigra), le pin mugo (P. mugo), ainsi que sur d’autres espèces de pin aux États-Unis et en Eurasie.

Parties de l'arbre affectées

La première génération du diprion importé du pin s’alimente en été sur le vieux feuillage avant que le nouveau feuillage ne se soit développé. La deuxième génération s’alimente sur la totalité du feuillage.

Symptômes et signes

Les larves du diprion importé du pin présentent une ressemblance superficielle aux larves de papillons de nuit et de papillons (chenilles). Les deux groupes ont trois paires de pattes segmentées sur leur thorax et un nombre variable de fausses pattes non segmentées (prolongements charnus ressemblant à des pattes) sous leurs segments abdominaux. Les larves du diprion se distinguent de celles-ci, car elles n’ont aucune fausse patte ou six paires de fausses pattes ou plus sous leurs segments abdominaux. Les chenilles ont cinq paires de fausses pattes ou moins. Des variations et des chevauchements importants dans l’apparence des espèces apparentées de diprion rendent l’identification difficile, à moins que les caractéristiques puissent être observées sur plusieurs stades de vie.

Le diprion importé du pin dépose ses œufs dans une série de fentes pratiquées le long des aiguilles de pin matures et les recouvre d’une substance mousseuse. Contrairement aux autres diprions s’attaquant aux pins, il ne laisse aucune espace sur l’aiguille entre les œufs pondus. Les œufs se gonflent considérablement à l’intérieur des aiguilles avant d’éclore. Les larves nouvellement écloses atteignent une longueur de 2,5 millimètres. Le corps est uniformément vert jaunâtre et les pattes thoraciques sont noires. Ces jeunes larves s’alimentent en colonies et, lorsque dérangées, se retirent rapidement à la base des aiguilles. À mesure qu’elles se développent, les larves se dispersent dans la cime de l’arbre et s’alimentent en solitaire. Lorsque dérangées, les larves matures présentent des réactions de défense caractéristiques des mouches à scie, tel que l’enroulement de leur corps et la régurgitation de fluides. Les larves matures atteignent une longueur de 18 à 28 millimètres. Elles présentent une coloration tachetée distincte et une double ligne dorsale noire le long de leur corps. De chaque côté de cette ligne, on observe une bande jaunâtre ponctuée de taches brunes transversales. Les côtés du corps sont brun-noir, avec de nombreuses taches rondes de couleur jaune et blanc. La partie inférieure du corps est jaune clair. Les larves ont huit paires de fausses pattes et leurs corps sont recouverts de minuscules épines. Leurs cocons sont bruns, papyracés et en forme de losange. On les trouve généralement à proximité des sites d’alimentation dans les crevasses de l’écorce ou enfouis dans le sol à la base de l’arbre.

Cycle de vie

Le diprion importé du pin produit deux générations chevauchantes par année et, dans les régions au sud, une troisième génération partielle. Les adultes émergent de leurs cocons à intervalles irréguliers tout au long de la saison. Au Canada, les adultes à l’origine de la première génération sont actifs entre la fin mai et le début juin. Ils s’accouplent immédiatement et déposent leurs œufs dans une série de fentes pratiquées le long des aiguilles de l’année précédente. Le nombre d’œufs déposés sur les aiguilles dépend de la longueur de celles-ci. Les larves nouvellement écloses s’alimentent d’abord en groupe, mais peu après, elles se dispersent dans l’arbre et s’alimentent en solitaire. La plupart des larves de cette première génération complètent leur développement vers la mi-juillet et tissent des cocons où elles se transformeront en pupes. Vers la fin juillet, l’activité reprend et peut inclure des adultes de la nouvelle génération ainsi que des adultes émergeant d’une diapause hivernale prolongée, créant ainsi des générations chevauchantes. Cette génération estivale s’alimente sur de vielles et de nouvelles pousses et complète son développement larvaire au début de l’automne. Ces larves tisseront elles aussi des cocons, souvent en grappes à la base de petites brindilles, dans les crevasses de l’écorce, sur les arbres voisins ou dans le sol à la base des arbres où les larves matures seront tombées. Ces larves de fin de saison passent au stade d’éonymphe (c’est-à-dire, larves en phase de jeûne ou au stade de prépupe) et passent l’hiver dans leurs cocons. La transformation en pupes et l’émergence des adultes ont lieu au printemps.

Le diprion importé du pin se voit attaqué par plusieurs prédateurs naturels et indigènes, y compris des oiseaux, des petits mammifères et des insectes prédateurs. Plusieurs parasitoïdes ont également été introduits d’Europe en tant qu’agents de lutte biologique.

Dommages

Malgré l’étendue de sa distribution et de l’aire de répartition de son hôte, le diprion importé du pin est rarement signalé en tant que ravageur d’importance dans un contexte forestier naturel. De graves défoliations entraînant le dépérissement des branches dans la cime de l’arbre et, parfois, la mortalité de l’arbre se sont limitées au pin blanc à quelques endroits uniques. Cependant, l’étroite relation entre le diprion importé du pin et les pépinières risque d’entraîner d’importantes pertes économiques et peut accroître le risque de déplacement involontaire de l’insecte à de nouveaux emplacements. 

Prévention et répression

Des oiseaux et des insectes indigènes se nourrissent du diprion importé du pin. Dans les années 1950, un programme visant l’introduction au Canada d’insectes parasites d’origine européenne a abouti à l’établissement en Amérique du Nord de nombreux agents de lutte biologique contre le diprion importé du pin. Les meilleurs résultats étaient observés dans les régions situés dans le nord de son aire de répartition.

Les larves se nourrissant du matériel de pépinière et des plantes d’ornement peuvent être retirées à la main. Cependant, cette méthode est plus laborieuse que les méthodes privilégiées pour les autres diprions s’attaquant aux pins, car le diprion importé du pin préfère s’alimenter en solitaire.

Les stratégies de répression d’un ravageur particulier varient suivant plusieurs facteurs, notamment :

L’acquisition d’information sur chacun de ces facteurs est nécessaire aux prises de décisions relatives à l’application de l’une ou l’autre des stratégies de lutte contre un ravageur. Ces facteurs devront être soigneusement mis en balance par rapport aux coûts et avantages avant qu’on entreprenne toute action contre un ravageur particulier.

Les pesticides homologués pour lutter contre le diprion importé du pin dans des situations particulières peuvent changer d’une année à l’autre. Ainsi, pour connaître les produits actuellement homologués et pour obtenir des renseignements quant à leur usage contre ce ravageur, veuillez consulter la base de données Information sur les produits antiparasitaires de Santé Canada. Tout produit homologué devrait être appliqué en fonction de la taille de la population et seulement lorsque nécessaire et au stade de vie indiqué. Il est recommandé également de consulter un professionnel local en arboriculture. Les pesticides peuvent être toxiques pour les humains, les animaux, les oiseaux, les poissons et d’autres insectes utiles. Veuillez, par conséquent, appliquer les produits homologués uniquement en cas de besoin et conformément aux indications inscrites sur l’étiquette du fabricant. Dans certaines juridictions et dans certaines situations, seul un professionnel autorisé peut appliquer des pesticides. Il est recommandé de consulter les autorités locales compétentes pour déterminer les réglementations locales en vigueur.

Photos

Aiguille de pin blanc cicatrisée où des œufs de diprion importé du pin ont été pondus et ont éclos.
Œufs de diprion importé du pin insérés dans une aiguille de pin blanc.
Une colonie de diprion importé du pin se nourrissant d'aiguilles de pin blanc.
Larve mature et cocon d'un diprion importé du pin. Les cocons peuvent souvent être trouvés sur l'arbre hôte ou en dessous, sur d'autres végétaux.
Plusieurs cocons contenant des pupes de diprion importé du pin sur un rameau de pin.
Un mâle adulte de diprion importé du pin nouvellement émergé, au repos sur son cocon.
Larves plus jeunes (en haut) et plus âgées (en bas) de diprion importé du pin.
Femelle adulte de diprion importé du pin sur des aiguilles de pin blanc.
Mâle adulte de diprion importé du pin sur une aiguille de pin blanc.
Cocons contenant des pupes de diprion importé du pin sur un rameau de pin.
Deux pins blancs gravement défoliés par le diprion importé du pin.
Plusieurs cocons de diprion importé du pin attachés à une branche de pin blanc morte.
Larve mature de diprion importé du pin dans une posture défensive.

Références sélectionnées

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Citer cette fiche

Nealis, V.G. 2024. Diprion importé du pin. Dans J.P. Brandt, B.I. Daigle, J.-L. St-Germain, A.C. Skinner, B.C. Callan et V.G. Nealis, éditeurs. Arbres, insectes, acariens et maladies des forêts du Canada. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Administration centrale. Ottawa, Ontario.