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Tenthrède du sorbier

Renseignements généraux et importance

La tenthrède du sorbier est une espèce envahissante en Amérique du Nord dont la présence a été signalée pour la première fois en 1926 dans l’État de New York et en 1934 en Ontario. Elle s’est depuis établie un peu partout dans l’est du continent. Une introduction distincte a eu lieu en 2009 dans l’État de Washington, de sorte que la tenthrède du sorbier est désormais largement répandue dans l’État de Washington, à proximité de la frontière canadienne.

La tenthrède du sorbier peut entraîner d’importantes défoliations chez les sorbiers (Sorbus); cependant, elle provoque rarement la mortalité de l’arbre. Dans l’est du Canada, l’introduction réussie d’un parasitoïde d’origine européenne a largement réduit l’importance de la tenthrède du sorbier dans de nombreuses régions.

Aire de répartition et hôtes

La tenthrède du sorbier est originaire d’Europe et possiblement d’Asie du Nord. Elle est désormais établie en Amérique du Nord, allant de l’Ontario et du Minnesota vers l’est jusqu’à la côte atlantique, et de l’île de Terre-Neuve dans le nord jusqu’à la Virginie au sud. Cependant, son introduction a récemment été signalée dans l’ouest des États-Unis dans l’État de Washington. L’insecte s’alimente exclusivement sur le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) et le sorbier d’Amérique (S. americana), par contre, on l’a récemment observé s’alimenter sur des aubépines (Crataegus) indigènes dans l’ouest des États-Unis.

Parties de l'arbre affectées

Feuillage

Symptômes et signes

Au printemps, les œufs de la tenthrède peuvent se présenter sous forme de « boursouflures » sur les marges des feuilles. Les petites larves sont jaune clair ou verdâtres, tachetées de noir sur les côtés. La tête et les pattes sont noires. Au début de l’été, elles s’alimentent de façon grégaire. Lorsque dérangées, elles se courbent en forme de S, créant ainsi une « bordure » le long de la feuille. Au dernier stade larvaire, elles atteignent une longueur de 15 à 20 millimètres. La tête et les pattes sont orange et le corps est jaune-orange, tacheté de noir.

Les dommages peuvent se manifester soudainement. Les larves ignorent les nervures principales de la feuille, de sorte que souvent il ne reste que la nervure centrale et le pétiole, conférant ainsi un aspect squelettique à la feuille.

Cycle de vie

En Amérique du Nord, la tenthrède du sorbier produit deux générations par année. La deuxième est une génération partielle et est généralement plus petite que la première.

La tenthrède du sorbier hiverne sous forme de larve dans des cocons dans le sol à la base des arbres infestés. Au printemps, les larves se transforment en pupes à l’intérieur des cocons et les adultes émergent et s’accouplent entre la fin mai et le début de juillet. Comme c’est le cas chez de nombreux hyménoptères apparentés — par exemple les fourmis et les abeilles —, en l’absence de fécondation, les tenthrèdes femelles ne produisent que des mâles. Au moyen d’un ovipositeur en forme de scie, les adultes femelles pratiquent des entailles dans les marges des feuilles pour déposer leurs œufs entre les couches épidermiques, ce qui donne l’impression de « boursouflures » sur les bords des feuilles.

Les œufs éclosent après environ une semaine. Les larves s’alimentent d’abord de façon grégaire, mais à mesure que la défoliation s’intensifie durant la période d’alimentation couvrant deux à trois semaines, elles se dispersent un peu partout dans la cime de l’arbre. Les mâles passent par quatre stades larvaires, tandis que les femelles passent par cinq stades. Une fois rendues à maturité, les larves tombent au sol et tissent des cocons. Une petite partie de la génération résultante donnera lieu à la deuxième génération au mois d’août. Certaines tenthrèdes demeureront en diapause jusqu’à cinq ans. Les adultes qui émergent au printemps peuvent être issus de plusieurs générations antérieures.

Dommages

La tenthrède du sorbier peut provoquer une défoliation rapide, grave et répétée sur plusieurs années qui, cependant, n’entraîne que rarement la mort de l’arbre hôte. Ce phénomène s’explique par la période d’alimentation relativement tardive des grosses larves. La majeure partie de la défoliation ne se produit qu’après la production du feuillage et que les arbres aient déjà réalisé une croissance annuelle considérable.

La tenthrède du sorbier s’alimente d’abord sur les marges des feuilles, favorisant les tissus mous et laissant un réseau de fines nervures. Elle finit par consommer la totalité des feuilles, à l’exception des pétioles et des nervures centrales. Les dommages peuvent être concentrés au sommet des arbres, mais lorsque les populations sont élevées, l’insecte peut finir par défolier l’ensemble de la couronne de l’arbre.

Prévention et répression

Les stratégies de répression d’un ravageur particulier varient suivant plusieurs facteurs, notamment :

L’acquisition d’information sur chacun de ces facteurs est nécessaire aux prises de décisions relatives à l’application de l’une ou l’autre des stratégies de lutte contre un ravageur. Ces facteurs devront être soigneusement mis en balance par rapport aux coûts et avantages avant qu’on entreprenne toute action contre un ravageur particulier.

Une stratégie de lutte pratique pour les arbres d’ornement de petite dimension consiste à retirer les larves à la main ou à détruire les feuilles où l’on peut observer la présence d’oviposition.

Plusieurs espèces d’ennemis naturels généralistes s’attaquent à la tenthrède du sorbier; cependant, ils ne réussissent pas à réduire les populations de manière considérable. Dans les années 1970, un programme de lutte biologique classique a été mis en place près de la ville de Québec. Ce programme, lequel a donné lieu à des résultats favorables, consistait en l’introduction d’une guêpe parasite venue d’Europe, soit Olesicampe geniculatae. La guêpe s’est propagée naturellement sur 50 kilomètres par année et, en 1984, elle occupait la majeure partie du sud du Québec. Par conséquent, les populations de la tenthrède du sorbier ont chuté et les défoliations sont devenues rares. D’autres introductions réussies ont été reproduites à Terre-Neuve à la fin des années 1980. Il convient de noter que les insecticides à base de Btk (Bacillus thuringiensis var. kurstaki) n’ont aucun effet contre la tenthrède du sorbier, car elle se classifie parmi les hyménoptères (mouches à scie) et non les lépidoptères (chenilles).

Les pesticides homologués pour lutter contre la tenthrède du sorbier dans des situations particulières peuvent changer d’une année à l’autre. Ainsi, pour connaître les produits actuellement homologués et pour obtenir des renseignements quant à leur usage contre ce ravageur, veuillez consulter la base de données Information sur les produits antiparasitaires de Santé Canada. Tout produit homologué devrait être appliqué en fonction de la taille de la population et seulement lorsque nécessaire et au stade de vie indiqué. Il est recommandé également de consulter un professionnel local en arboriculture. Les pesticides peuvent être toxiques pour les humains, les animaux, les oiseaux, les poissons et d’autres insectes utiles. Veuillez, par conséquent, appliquer les produits homologués uniquement en cas de besoin et conformément aux indications inscrites sur l’étiquette du fabricant. Dans certaines juridictions et dans certaines situations, seul un professionnel autorisé peut appliquer des pesticides. Il est recommandé de consulter les autorités locales compétentes pour déterminer les réglementations locales en vigueur.

Photos

Larves matures de la tenthrède du sorbier se nourrissant de folioles de sorbier.
Larves de la tenthrède du sorbier se nourrissant de folioles de sorbier. Lorsque les larves sont dérangées, leur queue se redresse souvent en forme de S.

Références sélectionnées

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Citer cette fiche

Nealis, V.G. 2024. Tenthrède du sorbier. Dans J.P. Brandt, B.I. Daigle, J.-L. St-Germain, A.C. Skinner, B.C. Callan et V.G. Nealis, éditeurs. Arbres, insectes, acariens et maladies des forêts du Canada. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Administration centrale. Ottawa, Ontario.