Brûlure des feuilles du marronnier
- Nom de la maladie en anglais : Horsechestnut leaf blotch
- Nom de l'agent pathogène : Phyllosticta paviae Desm.
- Règne : Fungi
- Embranchement : Ascomycota
- Classe : Dothideomycetes
- Ordre : Botryosphaeriales
- Famille : Phyllostictaceae
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Liste partielle des synonymes :
- Asteromella aesculicola (Sacc.) Petr.
- Botryosphaeria aesculi (Peck) M.E. Barr
- Guignardia aesculi (Peck) V.B. Stewart
- Laestadia aesculi Peck
- Leptodothiorella aesculicola (Sacc.) Sivan.
- Macrophoma sphaeropsidea (Ellis & Everh.) Tassi
- Phyllosticta aesculicola Sacc.
- Phyllosticta sphaeropsoidea Ellis & Everh. [tel que “sphaeropsidea”]
- Phyllostictina sphaeropsoidea (Ellis & Everh.) Petr.
Renseignements généraux et importance
Phyllosticta paviae (= Guignardia aesculi) provoque des taches foliaires sur les marronniers (genre Aesculus). La brûlure des feuilles du marronnier est fréquemment observée en milieu urbain, notamment après des conditions printanières humides. La brûlure foliaire provoquée par le pathogène est avant tout un problème esthétique chez les arbres urbains, mais des infections graves peuvent se propager à toute la cime, entraînant une défoliation prématurée plus tard dans la saison de croissance. La maladie n'affecte généralement pas la longévité des arbres, mais peut entraîner une réduction de la valeur esthétique et une augmentation des coûts d'entretien dans les zones urbaines touchées. Phyllosticta paviae est une espèce courante en Amérique du Nord et on la suppose originaire de cette région. Elle a été introduite en Europe, où elle peut provoquer des infections plus graves.
Aire de répartition et hôtes
La brûlure des feuilles du marronnier est répandue dans tout l'est du Canada et touche plusieurs espèces du genre Aesculus, dont le marronnier glabre (A. glabra) et le marronnier d'Inde (A. hippocastanum). La maladie est également répandue dans l'est des États-Unis et touche plusieurs espèces du genre Aesculus. Phyllosticta paviae a probablement été introduite d'Amérique du Nord en Europe, où elle s'est largement répandue. La maladie a également été signalée en Corée du Sud. D'autres études sont nécessaires pour évaluer l'étendue de la répartition de P. paviae en dehors de ces régions, en particulier dans les zones où le commerce mondial de matières végétales est en augmentation.
Parties de l'arbre affectées
Feuilles, pétioles
Symptômes et signes
Les feuilles infectées développent d'abord de grandes taches imbibées d'eau et de forme irrégulière, qui se transforment rapidement en lésions brun rougeâtre bordées de jaune. Au fur et à mesure que les taches se rassemblent, elles peuvent couvrir de grandes zones de la surface des feuilles, les faisant s'enrouler, brunir, sécher et devenir cassantes, ce qui conduit finalement à une chute prématurée des feuilles. De petites taches noires (pycnides) peuvent apparaître dispersées sur les lésions, ce qui distingue cette maladie des symptômes causés par des stress abiotiques tels que la sécheresse, la pollution de l'air, le sel et le temps chaud, sec et ensoleillé. Dans certains cas, de petites taches allongées brun rougeâtre peuvent également se développer sur les pétioles. Les symptômes de brûlure des feuilles peuvent s'intensifier les années où le temps humide est prolongé, en particulier au printemps, entraînant des dommages foliaires et une défoliation plus importante.
Les pseudothèces de Phyllosticta paviae sont solitaires, brun foncé et ostiolés, mesurant 90 à 180 micromètres de diamètre. Ils contiennent des asques claviformes à cylindriques, pédonculés, épaissis et arrondis à l'apex. Ces asques sont bituniqués, à huit spores et mesurent 50 à 80 micromètres sur 14 à 18 micromètres. Les ascospores sont hyalines, lisses et droites ou légèrement courbées. Elles varient en forme (ovoïde, ellipsoïdale ou rhomboïdale) et ne sont pas munies de septum, avec un contenu granuleux ou parfois guttulé. Les ascospores mesurent 12 à 18 micromètres sur 7 à 9 micromètres, avec un appendice gélatineux à une ou aux deux extrémités qui disparaît à maturité. Les pycnides sont solitaires, de forme globuleuse à piriforme, brun foncé et ostiolées, mesurant 80 à 165 micromètres de diamètre. Elles contiennent des cellules conidiogènes hyalines cylindriques ou coniques qui mesurent 5 à 10 micromètres sur 2 à 4 micromètres. Les conidies sont hyalines, lisses et peuvent être globuleuses, ellipsoïdales, claviformes ou obpyriformes. Elles ne sont pas munies de septum et ont des parois minces, ont un contenu granuleux grossier ou rarement guttulé et mesurent 9 à 18 micromètres sur 6 à 12 micromètres. Les conidies sont entourées d'une gaine gélatineuse et présentent un appendice apical. Les conidies sont exsudées de l'ostiole sous la forme d'une vrille blanche laiteuse. Les spermagonies, morphologiquement similaires aux pycnides mais plus petites (40 à 95 micromètres), contiennent des cellules spermatogènes filamenteuses à cylindriques. Ces cellules produisent des spermaties hyalines, lisses et de forme variable, allant de cylindriques oblongues à une forme d'haltère. Les spermaties sont droites ou légèrement courbées, guttulée et mesurent 3 à 10 micromètres sur 0,5 à 2,5 micromètres.
Les symptômes de la brûlure des feuilles du marronnier peuvent être confondus avec ceux d'une dessication estivale (pyrolyse) ou d'autres dommages abiotiques, mais la présence de pycnides de P. paviae et des schémas de lésions spécifiques peuvent aider à distinguer cette maladie.
Cycle de la maladie
Au printemps, les pseudothèces de P. paviae arrivent à maturité sur les feuilles mortes ayant hiverné et libèrent des ascospores en suspension dans l'air par temps humide. Ces ascospores infectent ensuite les jeunes feuilles d’arbres du genre Aesculus. Les brûlures des feuilles apparaissent généralement dans les deux à trois semaines suivant l'infection et des réinfections peuvent se produire à partir des pycnides qui se développent au début de juin. Le temps humide aggrave les infections à P. paviae, favorisant les ascospores au printemps et les conidies tout au long de l'été. Les conidies se propagent probablement par les éclaboussures de pluie et le mouvement de l'eau à travers la cime. Les feuilles tombées peuvent abriter un inoculum qui hiverne, déclenchant de nouvelles infections au printemps suivant.
Dommages
La brûlure des feuilles du marronnier est inesthétique, mais elle n'est pas considérée comme une maladie grave au Canada. Les infections peuvent toucher toute la cime, provoquant une défoliation prématurée, mais cela se produit généralement tard dans la saison de croissance et ne semble donc pas affecter de manière significative la santé de l'arbre. Bien que la maladie affecte rarement la santé des arbres, son effet sur l'apparence des arbres dans les zones urbaines peut entraîner une augmentation des efforts de répression et d'entretien.
Prévention et répression
La surveillance et l'identification précoce des symptômes de la brûlure des feuilles du marronnier sont essentielles pour une répression efficace de la maladie, en particulier dans les milieux urbains où la valeur esthétique est une préoccupation majeure. En milieu urbain, la brûlure des feuilles du marronnier peut être réduite par des mesures d'assainissement de base telles que le ratissage et l'élimination (par exemple, l'élimination hors site ou le brûlage) des feuilles tombées en automne pour réduire l'inoculum hivernant. L'élagage de la canopée de l'arbre peut améliorer la circulation de l'air, ce qui permet aux feuilles de sécher plus rapidement et réduit le risque d'infection. Évitez de planter des arbres du genre Aesculus dans des sites très humides pour réduire le risque d'infection.
Les stratégies de répression d’un ravageur particulier varient suivant plusieurs facteurs, notamment :
- le niveau de la population du ravageur (c'est-à-dire le nombre de ravageurs présents sur l'hôte ou les hôtes affectés);
- les dommages prévus ou toute autre conséquence négative résultant de l'activité du ravageur et du niveau de sa population sur l'hôte, les biens ou l'environnement;
- la compréhension du cycle de vie du ravageur, de ses divers stades de développement, de même que des divers agents biotiques et non biotiques qui affectent les niveaux de ses populations;
- le nombre de spécimens hôtes touchés (un seul arbre hôte, un petit groupe d’arbres hôtes, une plantation, une forêt);
- la valeur attribuée à l'hôte ou aux hôtes compte tenu des coûts rattachés aux approches de lutte contre le ravageur;
- la prise en considération des diverses approches de lutte de nature sylvicole, mécanique, chimique, biologique et naturelle, de même que de les avantages et désavantages de chacune.
L’acquisition d’information sur chacun de ces facteurs est nécessaire aux prises de décisions relatives à l’application de l’une ou l’autre des stratégies de lutte contre un ravageur. Ces facteurs devront être soigneusement mis en balance par rapport aux coûts et avantages avant qu’on entreprenne toute action contre un ravageur particulier.
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