Longicorne brun de l'épinette

Longicorne brun de l'épinette -

Nom latin : Tetropium fuscum (Fabricius)
Nom anglais : Brown spruce longhorn beetle
Ordre : Coleoptera
Famille : Cerambycidae

Distribution

Nouvelle-Écosse

Micro-habitat(s)

Écorce

Dommages, symptômes et biologie

Le LBE s’attaque aux arbres au printemps en pondant des oeufs dans l’écorce de spécimens debout ou récemment coupés. Les oeufs sont pondus individuellement en général, mais parfois en grappes pouvant compter jusqu’à 10 oeufs. Ils éclosent 10 à 14 jours plus tard, et les larves s’introduisent dans le phloème, y traçant un réseau de galeries irrégulières remplies de sciures et d’excréments. Au bout d’environ deux mois, les larves mesurent de 1,5 à 2,5 cm de longueur. Elles hivernent habituellement sous l'écorce ou dans l'aubier, dans des galeries en forme de L caractéristique de 2 à 4 cm de profondeur. La larve se transforme en pupe au printemps et les adultes apparaissent au bout d’environ 14 jours quand ils sortent de l’arbre après avoir grugé dans son écorce un trou rond ou ovale de 4 à 6 mm de diamètre approximativement. Leur durée de vie est d’environ deux semaines, et on peut les observer de juin à août. Les mâles comme les femelles sont de vigoureux voiliers.

Sur la majeure partie de l’aire de distribution géographique de l’épinette au Canada, le LBE compterait probablement une génération par année.

Dans son habitat d’origine, le LBE est reconnu principalement comme un insecte secondaire des forêts, qui s’attaque aux arbres faisant déjà l’objet de déprédation par d’autres types d’insectes ou soumis à des stress environnementaux. Par contre, lorsque sa population pullule, il attaque les arbres vivants et sains. Cette espèce peut proliférer pendant une décennie et continuer à causer des dégâts sur de vastes étendues de forêts de conifères vulnérables. En Europe, les peuplements d’épinettes de Norvège datant de plus de 50 ans sont particulièrement vulnérables aux attaques de ce ravageur. Les galeries pratiquées dans l’arbre à la suite de l’activité larvaire diminuent la qualité du bois.

Symptômes manifestés par les arbres attaqués:

  • écoulements de résine à divers endroits sur le tronc;
  • trous dans l’écorce d’environ 4 mm de diamètre;
  • réseaux de galeries d’alimentation observables juste sous l’écorce, d’une largeur pouvant atteindre 6 mm;
  • galeries creusées dans le bois, d’environ 4 cm de profondeur et de 6 mm de diamètre. Ces tunnels ont une forme en L quand le bois est coupé longitudinalement.
  • de la sciure grossière est parfois visible dans les galeries et autour d’elles ou obstruant le trou de sortie.

En l'absence de l'insecte, la présence d'Ophiostoma tetropii est une indication du passage de l'insecte dans la bûche infectée.

Pour en savoir plus: l'adulte a un corps aplati, de 1 à 1,5 cm de longueur. La région de la tête et du cou varie de brun foncé à noir. Les élytres (couvertures alaires) peuvent être brun jaunâtre, brune ou brun rougeâtre et porter deux ou trois bandes longitudinales. Les antennes sont brun rouge et mesurent environ la moitié de la longueur du corps. Les pattes sont brun foncé. L'œuf est d'une longueur de 1 mm, oblong et blanc teinté de vert. La larve est de couleur blanc jaunâtre, d'environ 14 à 28 mm de longueur et légèrement aplatie. Sa tête est brun rougeâtre et mesure environ 3 mm de largeur. La pupe est blanche et mesure de 10 à 17 mm de long et 3,8 mm de large.

Autres informations

Cet insecte est indigène en Europe, où on le rencontre de la Scandinavie à la Turquie. On sait aussi qu’il existe au Japon et l'ouest de la Sibérie. Sa découverte en Nouvelle-Écosse serait, croit-on, une première en Amérique du Nord.

En mars 1999, le longicorne brun de l’épinette (LBE), Tetropium fuscum, a été découvert dans des épinettes rouges moribondes situées dans le parc Point Pleasant à Halifax (Nouvelle-Écosse). L'été suivant, le Service des forêts a fait l'élevage de plus de 40 adultes de T. fuscum à partir de billons d'épinette rouge provenant du parc. L’identité de spécimens ramassés dans le parc en 1990, que l’on croyait à l’origine être une espèce indigène apparentée (Tetropium cinnamopterum), a également été confirmée comme Tetropium fuscum.

Certains champigons comme O. tetropiiet Pesotum fragans ont été isolés de longicornes bruns ou de souches infestées par ceux-ci. Ces champignons ne sont pas considérés comme étant pathogènes.

Références :

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Smith, G.A.; Humble, L.M. 2000. Le longicorne brun de l'épinette. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Centre de foresterie du Pacifique, Avis concernant un ravageur forestier exotique 5, 4p.

Troy Kimoto, T.; Duthie-Holt, M.; Dumouchel, L. 2006. Guide des insectes forestiers exotiques. Agence canadienne d'inspection des aliments, 120 p.

Publications du Service canadien des forêts

Longicorne brun de l'épinette

Régime et comportement alimentaire

  • Phloèmophage : Qui se nourrit des tissus du phloème.
    • Perceur : Qui perce et se nourrit en creusant dans les parties ligneuses et non ligneuses des plantes.

L'hôte principal dans l'aire de distribution est l'épinette de Norvège. Il a également été rapporté sur d'autres essences d'épinette plantées en Europe, comme l'épinette du Colorado et l'épinette de Sitka,de même que le pin sylvestre, le sapin argenté d'Europe et le mélèze. Au Canada, il a été rapporté uniquement sur les épinettes (rouges, blanches, noires et de Norvège).

Hôte(s) principal(aux)

Épinette